Les enjeux démographiques de l’Afrique : quels impacts sur l’économie ?

Selon Henri Leridon, directeur des recherches à l’Ined, « Le taux de croissance démographique moyen de l’Afrique est de 2,7% contre 1% au niveau mondial, 0,4% en Amérique du Nord et l’Europe est quasi stationnaire ».
Ainsi, l’Afrique vient contrer la tendance mondiale du vieillissement de la population avec un taux de croissance démographique très élevé et donc une population très jeune.

Cette phrase résume de manière claire le fait que dans le reste du monde, la population a tendance à vieillir, alors qu’en Afrique, c’est tout l’inverse : sa population est la plus jeune du globe !

Ainsi, le continent africain devrait compter plus de 2 milliards d’individus en 2050 contre 1 milliard en 2017, dont la moitié aura moins de 25 ans ! Cette croissance sera-t-elle un frein ou une chance pour l’Afrique ? Cette croissante est-elle une opportunité ou une menace pour le continent Africain ?
Revenons sur les explications entourant de ce phénomène.

Cette croissance démographique s’explique par une mortalité en baisse et une espérance de vie qui augmente (+20 points sur les 60 dernières années). La forte fécondité depuis 1960, due à une faible contraception représente également un facteur clé de cette croissance. La forte fécondité depuis 1960 est aussi le facteur clé de cette croissance qui est en partie dû à une faible contraception.

La Chine, qui a connu une forte natalité avec une population de plus d’1,2 milliards d’individus, a su profiter de cette main d’œuvre et du marché gigantesque qu’il représente pour atteindre une croissance économique à deux chiffres.

L’Afrique arrivera-t-elle à faire de même ?

Certes, l’Afrique connaîtra un « dividende démographique », c’est-à-dire une accélération brutale de sa croissance puisque le nombre de personnes actives sera supérieur au nombre de personnes inactives (incluant enfants et personnes âgées). C’est ce qui arrive lorsque les actifs sont beaucoup plus nombreux que les enfants et personnes âgées. Cependant, cette croissance ne sera pas obligatoirement forcément synonyme de développement économique.
En effet, la pression démographique explique en partie le retard important de l’Afrique sur l’Asie et l’Amérique Latine. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, on remarque que le PIB par habitant en Afrique subsaharienne a à peine doublé en 25 ans alors qu’en Chine, le multiplicateur a été de 16.

L’incroyable croissance économique asiatique est certes liée à sa force démographique mais elle a été possible grâce à plusieurs autres éléments tels que la qualification de la main d’œuvre et une forte demande marché du travail.
Le phénomène asiatique d’une croissance à deux chiffres, liée à sa force démographique, s’est fait grâce à certaines conditions : une main d’œuvre importante et bien formée, ainsi qu’un marché du travail développé pouvant employer cette main d’œuvre.

L’Afrique sera-t-elle capable de créer 20 millions d’emplois par an ?

Faut-il limiter la croissance démographique, facteur clé de développement économique ?

« Si nous ne réduisons pas la taille de nos familles, notre pays continuera à souffrir de la pauvreté parce que les ressources disponibles ne pourront plus couvrir nos besoins. » Ce sont les mots de Goodluck Jonathan, ancien président du Nigeria. Sa phrase en dit long sur l’inquiétude des dirigeants africains.

Avec 20 millions de jeunes supplémentaires sur le marché du travail chaque année, l’enjeu sera d’obtenir un marché du travail dynamique et capable d’absorber ce flux, faute de quoi, la démographie africaine sera un fardeau pour son développement économique. Pour nombre d’économistes, si l’Afrique souhaite continuer son développement économique, une politique nataliste devra voir le jour (comme la Chine a pu le faire avec la politique de l’enfant unique).

La transition de fécondité étant une condition préalable pour bénéficier d’un dividende démographique et atteindre l’émergence, les États africains tentent de mettre en place une politique nataliste. Une feuille de route dans ce sens a été fixée par l’Union africaine en 2016… Il faudra donc attendre quelques années avant d’en connaître les retombées.

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